Dirigeant en prise de parole devant ses équipes, debout, ancré au sol, une main levée pour illustrer son propos

Langage corporel en prise de parole : le guide en 5 points

Le langage corporel en prise de parole décide de l’attention que votre public accorde à votre message. Vous avez préparé vos idées, vos chiffres, vos transitions. Puis vous montez sur scène et une question vous rattrape : que faire de ce corps ? Ce guide détaille les cinq dimensions à régler avec la méthode PEGRE, montre un cas réel de dirigeant, et vous donne un plan d’entraînement pour que votre corps serve votre propos au lieu de le brouiller.

En bref

Le langage corporel en prise de parole désigne tout ce que votre corps transmet pendant que vous parlez : posture, visage, gestes, regard et déplacements. Le fond prime toujours, mais la forme décide si le public a envie d’écouter. La méthode PEGRE, développée par Jean-Corentin Poisson (BOLD), découpe ce travail en cinq dimensions : Posture, Expression faciale, Gestuelle, Regard, Espace.

Qu’est-ce que le langage corporel en prise de parole ?

Le langage corporel en prise de parole est l’ensemble des signaux que votre corps envoie pendant que vous parlez : votre façon de vous tenir, votre visage, vos mains, votre regard et vos déplacements. Il ne remplace pas le message. Il le rend audible, ou il le brouille.

Je le répète souvent : le fond prime toujours sur la forme. Un orateur au corps parfait qui n’a rien à dire reste un orateur qui n’a rien à dire. Le travail commence donc par vos idées, votre structure et la façon de choisir des mots qui percutent.

Pour autant, on ne néglige pas la forme. La forme, c’est le paquet cadeau. Elle ne fait pas la valeur du cadeau, mais elle donne envie de l’ouvrir. Votre langage corporel doit donc se mettre au service de votre message.

Verbal, paraverbal, non verbal : de quoi parle-t-on ?

On distingue en général trois canaux. Le verbal, ce sont vos mots. Le paraverbal, c’est votre voix : ton, débit, volume, silences. Le non verbal, ou communication non verbale, regroupe tout ce que montre votre corps. Ce guide traite du non verbal. La voix aura son article à part entière.

Pourquoi le corps parle avant vous

Votre public vous juge avant votre première phrase. En 2006, Janine Willis et Alexander Todorov, chercheurs à l’université de Princeton, ont montré que des participants jugeaient la fiabilité ou la compétence d’un visage vu un dixième de seconde. Avec plus de temps, leur avis changeait peu : ils devenaient surtout plus sûrs de leur premier jugement.

Ensuite, pendant toute la prise de parole, le public compare ce qu’il entend et ce qu’il voit. Quand vos mots et votre corps disent deux choses différentes, il hésite. Et un public qui hésite n’écoute plus votre argument : il cherche lequel des deux messages est le vrai.

Le langage corporel compte-t-il pour 93 % du message ?

Non. La règle des 7 % (mots), 38 % (voix) et 55 % (visage), attribuée au psychologue Albert Mehrabian, vient d’expériences sur un cas précis : la communication de sentiments et d’attitudes, quand les mots et le ton se contredisent. Mehrabian précise lui-même qu’elle ne s’applique pas au-delà.

Cette règle circule partout, y compris sur les sites qui traitent du langage corporel en prise de parole. Elle est presque toujours citée sans source et sans ses conditions. Or Mehrabian a répondu lui-même à la question, sur la page qui présente son livre Silent Messages (1981) :

Unless a communicator is talking about their feelings or attitudes, these equations are not applicable. (Sauf si l’orateur parle de ses sentiments ou de ses attitudes, ces équations ne s’appliquent pas.)

Albert Mehrabian, kaaj.com

Le bon sens suffit d’ailleurs à le vérifier. Si 93 % du sens passait par le corps et la voix, vous comprendriez une conférence donnée dans une langue que vous ne parlez pas. Ce n’est pas le cas.

Ce qui reste vrai, en revanche, est utile : quand votre visage et vos mots se contredisent sur une émotion, le public retient le visage. Retenez donc l’inverse de la légende. Le corps ne porte pas votre message. Il le confirme, ou il le dément.

La méthode PEGRE : les 5 dimensions du langage corporel

La méthode PEGRE est un cadre conçu par Jean-Corentin Poisson, fondateur de BOLD, pour travailler le langage corporel en prise de parole. Son nom reprend ses cinq dimensions : Posture, Expression faciale, Gestuelle, Regard, Espace. Chacune répond à une question simple que tout orateur se pose devant un public.

Malgré le nom, on ne va pas parler de mafia. L’acronyme sert à retenir les cinq dimensions et à les travailler dans l’ordre. Chez BOLD, nous l’utilisons en formation comme en coaching, parce qu’un orateur progresse plus vite sur une dimension à la fois que sur une liste de cinquante conseils.

DimensionLa questionÀ faireÀ éviter
PostureComment me tenir ?Ancré au sol, droit, tourné vers le publicSe balancer, se tasser, tourner le dos à la salle
Expression facialeQue montre mon visage ?Un visage cohérent avec les mots, un sourire quand la situation le permetUn visage fermé pour annoncer une bonne nouvelle
GestuelleQue faire de mes mains ?Des gestes hauts, contenus, qui illustrent le proposBras croisés, auto-contact, grands effets de manche
RegardOù regarder ?Chaque personne, une à uneFixer l’écran, ses notes ou le fond de la salle
EspaceQuand bouger ?Rester ancré, se déplacer pour changer de partieLes allers-retours permanents
Schéma de la méthode PEGRE du langage corporel en prise de parole : posture, visage, gestes, regard, espace

Posture : comment se tenir face à un public ?

La posture est la façon dont vous présentez votre corps dans sa globalité. Une bonne posture d’orateur repose sur trois axes : l’ancrage (des appuis stables), la verticalité (un corps aligné) et l’horizontalité (un corps tourné vers le public). Elle sert de base aux quatre autres dimensions de la méthode PEGRE.

L’ancrage : des appuis solides

Les pieds sont ancrés au sol, à peu près à la largeur du bassin, le poids réparti sur les deux jambes. Vous êtes solide sur vos appuis, bien équilibré. Un orateur qui se balance d’un pied sur l’autre montre son inconfort avant même d’avoir parlé. À l’inverse, un ancrage stable donne une impression de calme, même quand le stress est là.

La verticalité : grandir sans se raidir

Grandissez-vous. Alignez la tête, la gorge et le buste. Cet alignement libère la respiration, donc la voix, et vous aide à incarner votre message. Attention toutefois : verticalité ne veut pas dire rigidité. Les genoux restent souples, les épaules relâchées.

L’horizontalité : tout le corps vers le public

Votre message s’adresse à votre public. Votre corps doit donc lui faire face : pieds, bassin et buste orientés vers la salle. Le piège classique, c’est l’écran de projection. Vous vous tournez pour lire votre slide et, sans vous en rendre compte, vous parlez au mur. Tournez la tête si besoin, jamais le corps entier.

Et les postures de puissance ?

En 2010, une étude menée sur 42 personnes affirmait que tenir deux minutes une pose de super-héros faisait monter la testostérone et baisser le cortisol. En 2015, une équipe dirigée par Eva Ranehill a refait l’expérience sur 200 personnes : aucun effet sur les hormones ni sur la prise de risque. Seul le sentiment de puissance déclaré par les participants augmentait.

Ne comptez donc pas sur deux minutes en coulisses pour changer votre chimie. Comptez plutôt sur une posture tenue du début à la fin de votre prise de parole.

Format 16:9, 1600 × 900 px.
Flat editorial collage illustration, 16:9 landscape format. Background: a single flat cream color, hex #FEF9E7, no texture, no gradient, no vignette.
Layout: the left 50% of the image holds the title text; the right 50% holds the man. Keep generous empty cream space around both.
The man, centered in the right half: a die-cut sticker of a man in his mid-forties, full body visible from head to shoes, standing upright and facing the viewer, taking up about 78% of the image height, his feet about 10% above the bottom edge. He wears a dark single-breasted suit jacket, a white open-collar shirt with no tie, dark trousers and dark leather shoes. Feet planted flat on the ground about hip-width apart, toes forward, weight on both legs. Knees relaxed, back straight, head aligned with the spine, shoulders relaxed and level. Right forearm raised so that his right hand is at chest height in front of his body, palm half open and turned slightly upward, as if he is explaining a point. Left arm relaxed along his side. Calm, confident expression, mouth closed, very slight smile, eyes looking straight at the viewer.
Rendering of the man: entirely in black-and-white halftone dot pattern, like a vintage newspaper photo. No color on him. A thick cream-white die-cut border (sticker outline) of even width surrounds his whole silhouette.
Behind the man: one large flat navy blue disc, hex #0C2051, painted by hand with a dry brush so its edge is slightly irregular, about 70% of the image height in diameter, centered behind his chest. His head and shoulders overlap the top of the disc; his legs extend below it onto the cream background.
Under his feet: one short flat yellow brushstroke, hex #F6DB4A, slightly wider than his two feet together, like a hand-painted floor mark.
Left half, vertically centered, left-aligned with a margin of 8% of the image width from the left edge: a thin, slightly irregular black hand-drawn horizontal line, about 30% of the image width long, placed between Text 1 and Text 2.
The image contains exactly two text elements, listed below. Nothing else may be written.
Text 1: the exact text "LANGAGE CORPOREL", in Antonio Bold, a condensed bold sans-serif typeface, all caps, color navy blue hex #0C2051, on two lines: "LANGAGE" on the first line and "CORPOREL" on the second line, letters about 14% of the image height, left-aligned 8% from the left edge, the top of the first line 28% below the top edge of the image, text block no wider than 40% of the image width.
Text 2: the exact text "LA MÉTHODE PEGRE" (with the acute accent on the É), in Poppins Bold, a geometric bold sans-serif typeface, all caps, color navy blue hex #0C2051, on one single line, letters about 5% of the image height, left-aligned 8% from the left edge, placed just below the thin black line, with a flat yellow hand-painted highlight, hex #F6DB4A, behind the word "PEGRE" only.
Style: minimalist graphic collage, print aesthetic, flat lighting, no cast shadows, no depth of field, no perspective.
Do not include: speech bubbles, microphone, logo, watermark, signature, audience, other people, stage, podium, lectern, screen, extra fingers, extra hands or arms, crossed arms, hands in pockets, gradient, 3D rendering, photorealistic color. No other text, letters, numbers or symbols anywhere in the image. Do not add, translate, paraphrase or correct any text.

Expression faciale : comment accorder son visage à son message ?

Votre visage doit dire la même chose que vos mots. Deux réglages suffisent pour commencer : la cohérence, c’est-à-dire que l’émotion que vous nommez se voit sur votre visage, et le sourire, qui crée de la sympathie, donc de la connexion avec votre public. Un visage neutre sur un message fort affaiblit le message.

La cohérence entre le visage et les mots

Dire « je suis ravi d’être parmi vous » en faisant la tête n’a aucun sens. Le public entend les mots, mais il voit le contraire. C’est précisément la situation étudiée par Mehrabian : quand le visage et les mots divergent sur une émotion, le visage l’emporte.

Pour un dirigeant, l’enjeu est concret. Des résultats records annoncés le visage crispé sonnent comme une mauvaise nouvelle. À l’inverse, une décision difficile annoncée avec un sourire de façade sonne faux. Avant chaque message important, demandez-vous quelle émotion il porte, puis laissez votre visage la montrer.

Le sourire, outil de connexion

Le sourire crée de la sympathie. Et la sympathie rend votre public plus disposé à suivre votre raisonnement, donc plus facile à convaincre. On peut sourire dans presque toutes les situations : en accueillant la salle, en racontant une anecdote, en remerciant une équipe.

Les exceptions sont évidentes : un plan social, un accident, un deuil. Dans ces cas, la cohérence passe avant le sourire.

Gestuelle : que faire de ses mains quand on parle en public ?

Vos mains servent à illustrer votre propos. Adoptez une gestuelle haute (au niveau du buste), contenue (dans le cadre de votre corps) et dynamique. Évitez les gestes de fermeture, l’auto-contact et les grands effets de manche. Un geste utile montre une taille, un ordre ou une opposition : il aide le public à comprendre.

Les bras, ce sont ces deux longs trucs qui pendent de chaque côté du corps et dont on ne sait jamais quoi faire. Le sujet mériterait un article entier. Voici déjà les repères qui règlent la plupart des cas.

Les gestes à éviter

  • Les gestes de fermeture : bras croisés, mains dans le dos ou dans les poches. Ils dressent une barrière entre vous et le public.
  • L’auto-contact : se frotter les mains, toucher son visage, tourner sa bague, jouer avec un stylo. Ces gestes trahissent la nervosité.
  • Les grands effets de manche : des mouvements amples et répétés qui fatiguent l’œil et déconcentrent l’auditoire.

Les gestes à adopter

  • Une gestuelle haute : les mains travaillent à hauteur du buste, là où le regard du public se pose déjà.
  • Une gestuelle contenue : les gestes restent dans le cadre de vos épaules et de votre taille.
  • Une gestuelle dynamique : un geste net, qui commence et s’arrête, plutôt qu’un mouvement de main continu.
  • Des gestes qui illustrent : compter sur vos doigts, montrer une évolution, séparer deux options, désigner le passé derrière vous et l’avenir devant.

La recherche confirme l’intérêt des gestes qui illustrent. En 2019, une méta-analyse de Nicole Dargue, Naomi Sweller et Michael P. Jones, publiée dans Psychological Bulletin et portant sur 83 échantillons indépendants, conclut que les gestes ont un effet bénéfique modéré sur la compréhension. Autrement dit, un geste bien choisi aide votre public à suivre.

Et quand vous n’illustrez rien ? Revenez à une position de repos haute : mains réunies devant vous, à hauteur de la taille. Ce point d’appui vous évite de chercher en permanence quoi faire de vos bras.

Regard : comment regarder son auditoire ?

Le regard crée la connexion avec votre auditoire. Ne regardez pas « le public » dans son ensemble : regardez chaque personne, une à une, le temps d’une phrase ou d’une idée. Chacun doit avoir le sentiment que vous lui parlez. Vos notes et l’écran ne reçoivent qu’un coup d’œil, jamais votre regard.

Le réflexe de l’orateur stressé est connu. Il fixe un point au fond de la salle, ses notes, ou la personne la plus bienveillante du premier rang. Résultat : le reste de la salle décroche, parce que personne ne se sent concerné.

L’astuce des lettres pour se lancer

Si vous avez du mal à déplacer votre regard, exercez-vous en traçant des lettres avec vos yeux sur la salle, un Z ou un M par exemple. Vous balayez ainsi tous les secteurs sans y penser. Cette béquille doit rester temporaire. Dès que le mouvement devient naturel, revenez à des regards posés sur des personnes.

Dans une grande salle

Devant plusieurs centaines de personnes, vous ne croiserez pas tous les regards. Découpez la salle en zones et posez votre regard sur une personne par zone. Ses voisins auront l’impression que vous les regardez aussi.

Espace : quand se déplacer pendant une prise de parole ?

Déplacez-vous peu, et toujours pour une raison. Dans la méthode PEGRE, l’ancrage est la règle et le mouvement l’exception : vous restez stable pendant que vous développez une idée, puis vous vous déplacez pour vous ancrer ailleurs, de préférence au moment où vous passez d’une partie à la suivante.

Être ancré ne veut pas dire rester figé. D’abord parce que rester immobile quarante minutes fait mal aux jambes. Ensuite parce qu’un déplacement bien placé sert votre message.

En revanche, oubliez l’idée d’« occuper l’espace ». Cette notion vient du théâtre. Or vous n’êtes pas là pour jouer du Molière, vous êtes là pour porter un message. Occuper l’espace pour l’occuper produit des allers-retours qui fatiguent le public.

Les trois règles de déplacement

  1. L’ancrage est la règle, le mouvement l’exception. Chaque idée se développe depuis un point fixe.
  2. On se déplace pour s’ancrer ailleurs. Un déplacement a un point de départ et un point d’arrivée, puis vous vous ancrez de nouveau.
  3. On se déplace entre deux parties. Le déplacement physique accompagne le déplacement dans votre structure : le public sent la transition sans que vous ayez à l’annoncer.
Avant, après : un orateur qui fait les cent pas sur scène, puis le même orateur ancré et stable

Langage corporel du dirigeant : le cas d’un kick-off annuel

Pour un dirigeant, le langage corporel est une question de positionnement. Face à l’ensemble de ses équipes, il doit incarner un cap. Un corps instable ou agité envoie le message inverse, même quand le discours est solide. Le cas suivant, tiré d’un accompagnement BOLD, le montre.

Nous avons accompagné le dirigeant d’une grande entreprise. Expertise reconnue, apprécié de ses salariés. Pourtant, face à l’ensemble de ses collaborateurs, au kick-off annuel par exemple, il avait du mal à s’affirmer. Il ne savait jamais comment se tenir. Fallait-il avoir l’air décontracté ? Rester très droit, presque rigide ?

Faute de réponse, il marchait. Il faisait les cent pas, sans arrêt, d’un bout à l’autre de la scène. Ses équipes le suivaient des yeux et ne suivaient plus ce qu’il disait. Surtout, ces allers-retours donnaient l’impression d’un homme très stressé. Il l’était un peu. Mais rien ne l’obligeait à le montrer.

Nous avons d’abord travaillé le fond avec lui : la position qu’il voulait adopter face à ses collaborateurs. Puis la forme. Le premier chantier a été l’ancrage et la posture : se tenir ancré, se tenir droit, pour incarner le leadership par le corps et laisser le fond s’exprimer.

Il a pris beaucoup plus confiance en lui, parce qu’il savait à la fois quoi dire et comment le dire. C’est le principe du coaching en prise de parole pour dirigeants chez BOLD : le fond et la forme travaillés ensemble, l’un des trois piliers de notre approche.

Ce cas montre une chose. Le stress ne se supprime pas, il se gère. Un ancrage solide ne vous rend pas serein. Il empêche simplement votre corps de raconter votre stress à votre place, et donc de l’empirer.

Comment travailler son langage corporel en 4 étapes

Le langage corporel se travaille comme une compétence : une dimension à la fois, en conditions réelles, avec un retour extérieur. Quatre étapes suffisent pour progresser : vous filmer, choisir une seule dimension PEGRE, répéter debout comme le jour J, puis demander un retour ciblé à quelqu’un qui vous a vu.

  1. Filmez-vous. Une répétition de cinq minutes, téléphone posé à hauteur du buste. Regardez la vidéo une fois avec le son, puis une fois sans. Sans le son, votre corps est seul à parler, et ses défauts sautent aux yeux.
  2. Choisissez une seule dimension. Corriger cinq choses à la fois ne fonctionne pas. Commencez par la posture, qui conditionne les quatre autres, puis suivez l’ordre de PEGRE.
  3. Répétez debout, dans les conditions du jour J. Avec vos slides, votre télécommande, un micro si vous en aurez un. Répéter assis à votre bureau vous entraîne à une prise de parole assise.
  4. Demandez un retour ciblé. Plutôt que « c’était bien ? », demandez « est-ce que j’ai bougé pendant les messages importants ? ». Une question précise obtient une réponse utile.

La même logique de préparation vaut pour la séance de questions qui suit souvent une présentation. Pour garder votre ancrage quand on vous prend de court, voyez comment répondre à une question inattendue.

Questions fréquentes sur le langage corporel en prise de parole

Que faire de ses mains quand on parle en public ?

Utilisez vos mains pour illustrer votre propos : compter, montrer une évolution, séparer deux options. Gardez une gestuelle haute, au niveau du buste, et contenue dans le cadre de votre corps. Entre deux gestes, revenez à une position de repos, mains réunies devant vous à hauteur de la taille. Évitez les bras croisés, les mains dans les poches ou dans le dos, et l’auto-contact, comme jouer avec un stylo.

Faut-il se déplacer pendant une présentation ?

Oui, mais peu et pour une raison. La règle de la méthode PEGRE est simple : l’ancrage est la règle, le mouvement l’exception. Restez stable pendant que vous développez une idée, puis déplacez-vous pour vous ancrer ailleurs, idéalement entre deux parties de votre présentation. Les allers-retours permanents fatiguent le public et donnent une impression de stress.

Comment ne pas montrer son stress avec son corps ?

Commencez par l’ancrage : pieds stables, poids réparti sur les deux jambes. Le stress se voit surtout dans les mouvements parasites, comme les balancements, les cent pas ou les mains qui se touchent. Un corps stable en supprime une grande partie. Ajoutez la verticalité, qui libère la respiration. Le stress reste présent, mais votre corps cesse de le montrer à votre public.

La règle des 7 %, 38 %, 55 % est-elle vraie ?

Pas dans le sens où on la cite. Albert Mehrabian a obtenu ces proportions dans des expériences sur la communication de sentiments et d’attitudes, quand les mots et le ton se contredisent. Dans la présentation de son livre Silent Messages (1981), il précise que ces équations ne s’appliquent pas si l’orateur ne parle pas de ses sentiments. Le corps ne porte donc pas 93 % de votre message.

Comment adapter son langage corporel en visioconférence ?

Les cinq dimensions PEGRE restent valables, à l’échelle de l’écran. Posture : assis droit, buste face à la caméra. Expression faciale : elle compte davantage, car votre visage occupe tout le cadre. Gestuelle : gardez vos gestes dans le champ, à hauteur du buste. Regard : fixez la caméra plutôt que votre propre image. Espace : réglez le cadrage pour qu’on vous voie au moins jusqu’à la taille.

Comment appliquer la méthode PEGRE assis en réunion ?

Assis, l’ancrage passe par le bassin et les pieds : dos décollé du dossier, pieds à plat au sol. La verticalité et l’horizontalité ne changent pas : buste droit, orienté vers la personne à qui vous parlez. Posez les avant-bras sur la table, mains visibles, pour garder une gestuelle haute. Le regard circule entre les participants. Enfin, évitez de vous balancer sur votre chaise.

Mettre votre corps au service de votre message

Le fond prime toujours sur la forme. Mais un message solide porté par un corps qui hésite perd une partie de sa force. La méthode PEGRE vous donne un ordre de travail : la posture d’abord, puis le visage, les gestes, le regard et l’espace. Une dimension à la fois, et votre corps finira par servir votre message au lieu de le contredire.

Vous préparez un kick-off, une plénière ou une prise de parole devant vos équipes ? Parlons-en : nous travaillons avec vous le fond et la forme, jusqu’au jour J.

Jean-Corentin Poisson est formateur et coach en prise de parole et en pitch, fondateur de BOLD. Plus de 2 200 personnes formées, 120 000 abonnés sur les réseaux, des clients comme L’Oréal, TF1 et Publicis. Découvrir son parcours ou recevoir sa newsletter Le Mégaphone, deux fois par mois.

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